Droits des fleuves
Un fleuve peut-il avoir des droits ?
Au début du XXIe siècle, pour la première fois, des droits ont été accordés à la nature, en particulier aux fleuves de certains pays. Cette innovation juridique remet en question notre vision de la nature. Il ne s’agit plus de considérer le fleuve uniquement comme une ressource exploitable et consommable, mais de le reconnaître comme un sujet de droit, au même titre qu’une personne.
Rhône
Une question culturelle
Accorder des droits à la nature n’est pas qu’une affaire de lois, c’est aussi une question culturelle. Sommes-nous prêts, en Europe, à considérer un fleuve comme « un être vivant » et à lui reconnaître des droits comme le font d’autres peuples ailleurs dans le monde ?
Une question culturelle
Accorder des droits à la nature n’est pas qu’une affaire de lois, c’est aussi une question culturelle. Sommes-nous prêts, en Europe, à considérer un fleuve comme « un être vivant » et à lui reconnaître des droits comme le font d’autres peuples ailleurs dans le monde ?
L’Appel du Rhône
La ville de Lyon (photo) a rejoint l’Appel du Rhône. Cette initiative lancée en 2020 par l’association lausannoise id·eau vise à faire reconnaître une personnalité juridique au fleuve franco-suisse. Une telle démarche, conduite à l’échelle du bassin versant, permettrait probablement de mieux gérer les problèmes liés aux usages de l’eau.
Photo : Westend61 / Alamy Stock Photo
Droits du Rhône
Whanganui
Du volcan à la mer
Partant des pentes du volcan Tongariro, à environ 1’800 m d’altitude, dans l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande, le Whanganui s’écoule en moins de 300 km jusqu’à la mer de Tasman, dans le Pacifique Sud. En partie recouvert par la forêt humide, son bassin versant pourrait se réchauffer de plus de 3°C d’ici la fin du siècle.
L’ancêtre des Maoris
Dans l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande, le fleuve Whanganui est considéré par les Maoris, premiers habitants de l’île, comme l’un de leurs ancêtres.
Photo : Phillip Capper
« Je suis le fleuve »
Les Maoris sont arrivés en Nouvelle-Zélande il y a plus de 3’000 ans. Pour exprimer le lien qui les unit depuis des siècles au fleuve Whanganui, ils disent : « Je suis le fleuve, le fleuve est moi ». En 2017, le parlement néo-zélandais a reconnu que le Whanganui est « un être vivant unique et indivisible », avec pour représentants légaux les Maoris des tribus riveraines.
Photo : Mathias Svold